LE DROIT À L’AMOUR POUR LES BÉNÉFICIAIRES D’AIDE SOCIAL DU QUÉBEC. Pour souligner la Saint -Valentin, les partis d'opposition demandent à la CAQ que les prestations d’aides Sociales des personnes vivant sous un même toit ne soient pas amputées.

INFO QUÉBEC

Les partis d’opposition à l’Assemblée nationale ont fait front pour le droit à l’amour, à la veille de la Saint-Valentin. Ils exigent que les bénéficiaires de l’aide sociale, en couple ou non, puissent vivre sous le même toit sans que leur prestation soit amputée ou carrément coupée. Si deux prestataires vivent ensemble actuellement, chacun d’eux ne touchera pas son montant minimal de 690 $ par mois, mais c’est plutôt un montant total de 1049 $ par mois qui sera versé à une seule personne du ménage. En conférence de presse, autant le Parti québécois (PQ), que Québec solidaire (QS) et le Parti libéral ont dénoncé également les enquêtes du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale et ses mesures de contrôle jugées “abusives”.

“Si le ministère décide d’enquêter et demande à n’importe qui dans l’entourage des personnes si elles vivent en couple, cela peut être suffisant pour décréter qu’il y a vie maritale”, a expliqué Emmanuelle Chaloux, du Front commun des personnes assistées sociales. Le ministère peut aussi appliquer rétroactivement la mesure et réclamer des sommes “complètement ridicules” qui endetteront les personnes concernées pour des années, voire des décennies à venir, a-t-elle ajouté.

Une personne reconnue comme ayant une contrainte sévère à l’emploi a livré son témoignage par écrit. En 2018, elle a déclaré au ministère qu’elle ne pouvait vivre seule, mais le médecin n’a pas voulu compléter le formulaire d’attestation. Le ministère lui réclame donc 96 000 $ solidairement avec son colocataire, parce qu’il considère que la personne vit maritalement depuis 2005. Le ministre titulaire, Jean Boulet, se trouvait à passer tout près et a prêté l’oreille aux témoignages livrés pendant la conférence de presse. À la période de questions, il a dit qu’il allait travailler avec les partis d’opposition pour examiner des solutions. “Je suis même prêt à analyser les situations particulières de vie maritale où il y a une relation d’aidant à aider, a-t-il déclaré. Il a dit qu’il explorerait des solutions pour les personnes qui vivent en situation de couple, afin de réitérer le caractère extrêmement humain du droit à l’amour et évidemment du droit des personnes de vivre ensemble”.