La Floride ordonne le confinement de ses 21 millions de citoyens

CBC

Le gouverneur républicain de la Floride et fervent soutien de Donald Trump, Ron DeSantis, a ordonné un confinement général dans le but de freiner la propagation du coronavirus. « Je vais prendre un décret pour limiter les mouvements et les interactions des Floridiens en dehors de leur foyer, a fait savoir le gouverneur. Des exceptions s’appliqueront aux services essentiels. » L’ordre de confinement donné à 21 millions de Floridiens entrera en vigueur dans la nuit de jeudi à vendredi, à parti de minuit. Avec ce décret, plus de 90 % de la population américaine a maintenant reçu l’ordre strict d’observer un confinement. Au début de l’épidémie aux États-Unis, des images de jeunes faisant la fête sur les plages de Miami, alors que New York ou la Californie se préparaient au confinement, avaient choqué. M. DeSantis a d’ailleurs été largement critiqué pour sa réponse laxiste à la crise. Avant le décret annoncé par M. DeSantis, chaque comté de l’État était chargé d’ordonner ou non le confinement de la population. En conférence de presse, le gouverneur a laissé entendre que son changement de ton suivait celui de Donald Trump.

La semaine dernière, le président semblait pencher pour un assouplissement des mesures de distanciation physique afin de relancer les activités commerciales dans les comtés moins touchés par la crise. Dimanche, il a plutôt annoncé que la directive fédérale serait prolongée jusqu’à la fin du mois d’avril. Il semble que le président ait changé son fusil d’épaule après avoir pris connaissance de modèles prévisionnels projetant jusqu’à deux millions de morts aux États-Unis. Plus de 80 % de la population américaine a maintenant reçu l’ordre strict d’observer un confinement. La Floride arrive au troisième rang quant au nombre d’habitants aux États-Unis, après la Californie (39 millions) et le Texas (28 millions), selon le recensement de 2018. C’est également le lieu de résidence de nombreuses personnes âgées, une population particulièrement à risque face à la COVID-19. L’État, qui fait partie des plus touchés du pays, compte à l’heure actuelle près de 7000 cas confirmés de la maladie et 87 décès. Le pays compte maintenant plus de 210 000 cas et 4700 morts.

Les États-Unis sur la trajectoire de l’Italie

le vice-président Mike Pence a pour sa part reconnu que la pandémie de coronavirus aux États-Unis suit la même trajectoire qu’en l’Italie. Ce pays de 60 millions d’habitants est durement éprouvé depuis des semaines, cumulant 110 000 cas confirmés et le plus grand nombre de morts dans le monde, soit plus de 13 000. En entrevue à CNN, M. Pence a également rejeté le blâme sur la Chine et les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) pour expliquer la lenteur des États-Unis à répondre à la crise.« Je serai très franc en vous disant qu’à la mi-janvier, le CDC évaluait toujours que le risque de coronavirus pour le peuple américain était faible », a-t-il soutenu.« La réalité, c’est que nous aurions pu être mieux préparés si la Chine avait été plus ouverte », a-t-il aussi affirmé. Le président a quant à lui remis en question les statistiques fournies par la Chine sur l’étendue de la contagion sur son territoire, lors de sa conférence de presse quotidienne mercredi. Le gouvernement fédéral a par ailleurs lancé un appel aux ressortissants américains, leur enjoignant de revenir au pays le plus rapidement possible et ainsi d’éviter d’être bloqués à l’étranger. Le secrétaire américain à la Défense, Mark Esper, a aussi annoncé le déploiement de navires et de troupes dans les Caraïbes afin d’empêcher des groupes criminels ou des migrants de profiter de la crise qui prévaut. En outre, tous les détenus des prisons fédérales ont été placés en isolement à titre préventif.