AUCUN MASQUE POUR TRUMP LORS DE SA RENCONTRE DANS UNE USINE DU MICHIGAN

CBC

Déjà à couteaux tirés avec la gouverneure du Michigan, une démocrate, le président américain a ignoré la requête et la loi de l’État, refusant de porter un masque lors de sa visite d’une usine du constructeur automobile Ford, converti en fabricant de ventilateurs. Dans une lettre, la procureure générale de l’État, Dana Nessel, l’avait exhorté à se couvrir le visage lors de sa visite à l’usine d’Ypsilanti, en banlieue de Détroit, invoquant la viabilité des entreprises et la protection de la santé et de la sécurité des travailleurs. C’est la loi de cet État, insistait-elle, rappelant que le Michigan avait été frappé particulièrement durement par le virus. Mais Donald Trump, qu’on n’a vu à aucun moment porter un masque en public depuis le début de la pandémie, n’a pas jugé la mesure nécessaire. Tout le monde a été testé, j’ai été testé ce matin, a-t-il expliqué, affirmant toutefois avoir porté une protection faciale dans une section à l’arrière, avec des lunettes de protection, un geste qu’il n’a pas répété devant les caméras. Je ne voulais pas donner à la presse le plaisir de voir ça, a-t-il lancé. C’était très beau, mais ils ont dit que ce n’était pas nécessaire ici, a-t-il ajouté par la suite.

Le président exécutif du constructeur, William Ford fils, à qui un journaliste a demandé de confirmer cette affirmation, a répondu que c’était à lui de décider. Un décret de la gouverneure du Michigan, Gretchen Whitmer, impose pourtant le port du masque dans les espaces publics, et les politiques du constructeur automobile l’exigent également. Tous les employés et dirigeants de Ford visibles lors de la diffusion en direct d’une partie de sa visite arboraient d’ailleurs un masque, même dans la section où l’on a pu voir le président. Ce dernier a aussi contrevenu à un autre décret proclamé par la gouverneure, qui interdit toute visite non essentielle dans les usines. Mon département n’interviendra pas pour vous empêcher de visiter l’usine de Ford, mais je vous demande, au cours de votre visite, de respecter les efforts considérables des hommes et des femmes travaillant pour Ford et de tout l’État en portant un couvre-visage, avait écrit Mme Nessel. Mme Nessel ne retenait pas son souffle dans l’espoir que le président se plierait à sa requête. Si nous savons une chose sur les dernières années passées à la Maison-Blanche par le président Trump, c’est qu’il n’a pas le même niveau de responsabilité juridique que les autres, a-t-elle dit sur les ondes de CNN.

S’il ne porte pas de masque, on lui demandera de ne pas revenir dans une installation de notre État, a-t-elle déclaré, disant envisager de prendre des mesures contre toute entreprise ou tout établissement qui l’autorise à entrer dans ces installations et qui met nos travailleurs en danger. Interrogé sur la possibilité de porter un masque dans une entreprise qui l’exige, le président a répondu qu’il allait examiner la question. Ford a converti sa production habituelle depuis un mois, et s’est tourné temporairement vers la fabrication de ventilateurs pour répondre aux besoins importants en matériel médical. La compagnie a été contrainte de fermer temporairement l’une de ses usines de Chicago après que deux travailleurs eurent reçu un diagnostic positif de coronavirus. Le Michigan recense au moins 53 000 cas de coronavirus et plus de 5100 morts, d’après un décompte du Washington Post. L’État a l’un des taux d’infection et de mortalité les plus élevés du pays. Selon le New York Times, il se classe troisième au chapitre des décès et septième pour ce qui est du nombre total de cas. Les disparités raciales y sont également frappantes : les Afro-Américains comptent pour 40 % des décès dus à la COVID-19, même s’ils ne composent que 14 % de la population.