LE QUÉBEC DEVRAIT-IL TIRER DES LEÇONS DE LA SUÈDE LE PAYS DU SANS CONFINEMENT ?

La Suède, qui a refusé de se confiner totalement pour freiner la COVID-19, a-t-elle fait le bon choix ? Quoi qu’en disent les autorités, la population est encore loin de l’immunité collective, selon une récente étude inquiétante de la Santé publique. Analyse d’un modèle controversé.

La Suède est un cas à part. Le royaume scandinave ne s’est jamais mis sur pause, contrairement à la plupart des autres pays du globe dont le Québec. Les écoles primaires et secondaires sont restées ouvertes. Idem pour la vaste majorité des restaurants et des commerces. Les autorités ont plutôt appelé les citoyens à collaborer. En plus des consignes usuelles comme maintenir une distance physique de deux mètres, elles recommandent le télétravail et d’éviter les rassemblements de plus de 50 personnes. Dans les rues, peu de gens portent un couvre-visage.

Et ces jours-ci, pas question de faire marche arrière alors que le déconfinement est bel et bien amorcé en Europe et en Amérique du Nord. Cette lutte contre le virus est un marathon, soutient le premier ministre suédois, Stefan Löfven. En clair, le pays prône des mesures jugées viables à long terme, car le virus n’est pas près de disparaître. Il va y avoir une deuxième vague et la Suède va avoir un niveau d’immunité élevé pour y faire face, a déjà fait valoir l’épidémiologue en chef du gouvernement, Anders Tegnell. Selon lui, 40 % des habitants de Stockholm épicentre de l’épidémie seront immunisés contre la maladie d’ici juin. Or, fin avril, seulement 7,3 % d’entre eux avaient développé des anticorps contre la COVID-19, selon une étude de la Folkhälsomyndigheten, l’agence de santé publique suédoise. Ce chiffre est un peu plus bas  que prévu, a reconnu M. Tegnell, rappelant que le coup de sonde remonte au mois dernier. On avoisine probablement les 20 % aujourd’hui, a-t-il avancé. Le résultat inquiète toutefois la présidente de la Swedish Medical Association, Heidi Stensmyren, Tout le monde s’attendait à ce que ce soit plus élevé, estime celle qui participera à un symposium virtuel organisé par la Fédération des médecins spécialistes du Québec.

Pari risqué

Les autorités suédoises nient vouloir tendre vers l’immunité de masse, mais en parlent de plus en plus.  La stratégie n’est pas claire, laisse tomber la Dre Stensmyren. Elle-même émet des doutes sur ce principe n’offrant encore aucune garantie. Pour y arriver, vous avez besoin d’un gros volume de gens, ce qui n’est pas le cas en Suède qui compte une population étendue de 10 millions d’habitants. Pour atteindre l’immunité collective, la majorité de la population (70 à 90 %) doit être immunisée contre la maladie, soit parce qu’elle a été infectée avant de se rétablir, soit parce qu’elle a été vaccinée. Mais pour l’heure, on ne sait pas à quel point une personne ayant contracté la COVID-19 est protégée, rappelle la Dre Stensmyren. DEVOIR