CONSEIL TRAITEMENTS CONTRE LA COVID-19: AU CAS OÙ VOUS L’ATTRAPEZ VOICI CE QUI MARCHE BIEN, TRÈS BIEN... OU PAS DU TOUT À PARTAGER…

Le remdesivir, notamment utilisé pour Trump, ne serait pas la panacée, selon une étude menée dans plus de 30 pays et dévoilée par l’OMS. Efficacité des corticoïdes, mais seulement dans les cas graves, inutilité de l’hydroxychloroquine ou d’antiviraux utilisés contre le virus du sida… On y voit aujourd’hui plus clair sur les traitements contre la COVID-19, même si leur palette reste limitée.

CEUX QUI MARCHENT – Dexaméthasone (et corticoïdes) C’est le seul traitement qui a permis de réduire la mortalité due à la COVID-19, même si cela n’est vrai que pour une catégorie de patients (les cas sévères qui nécessitent l’administration d’oxygène). Pour ces malades-là, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Agence européenne du médicament (EMA) recommandent depuis septembre la dexaméthasone. Elles se basent sur les conclusions d’une vaste étude britannique, Recovery. En revanche, la dexaméthasone ne doit pas être donnée au début de la maladie, car elle abaisse les défenses immunitaires. C’est d’ailleurs pour cela qu’elle est efficace chez les patients sévèrement atteints: elle réduit l’emballement du système immunitaire responsable de l’inflammation caractéristique des formes graves. Au-delà de la seule dexaméthasone, des travaux parus le 2 septembre dans la revue médicale américaine Jama ont montré que les autres médicaments de la même famille, les corticoïdes, permettaient de réduire de 21% la mortalité au bout de 28 jours chez les patients atteints sévèrement de la COVID-19. Cela a conduit l’OMS à recommander “l’usage systématique des corticoïdes chez les patients atteints d’une forme sévère ou critique”.

Remdesivir : Selon une étude parue fin mai dans la revue américaine New England Journal of Medicine, cet antiviral initialement développé contre la fièvre hémorragique Ebola réduit légèrement la durée de rétablissement des malades de la COVID-19 hospitalisés (de 15 à 11 jours en moyenne). Mais le remdesivir n’a pas prouvé de bénéfices en termes de réduction de la mortalité, comme l’a réaffirmé une autre étude rendue publique jeudi et menée dans plus d’une trentaine de pays avec le soutien de l’OMS. Le médicament “semble n’avoir que peu ou pas d’effet sur les patients hopitalisés pour la COVID-19, si l’on en croit les taux de mortalité, de début de la ventilation ou de durée de l’hospitalisation”, affirme cette étude. Vendu par le laboratoire Gilead sous le nom commercial de Veklury, il est devenu le 3 juillet le premier médicament contre la COVID à recevoir une autorisation de mise sur le marché européen conditionnelle. Pour autant, il suscite plus d’enthousiasme en Amérique du Nord que sur le Vieux continent. En France, la Haute autorité de Santé (HAS) a jugé que son intérêt (ou “service médical rendu”) était “faible”. Par ailleurs, l’EMA a indiqué le 2 octobre qu’elle allait étudier des signalements selon lesquels des “problèmes rénaux aigus” pourraient être liés à la prise de remdesivir.

CEUX QUI NE MARCHENT PAS  Hydroxychloroquine C’est le médicament qui a fait couler le plus d’encre depuis le début de la pandémie, car il est devenu l’enjeu d’un débat politique. L’un de ses principaux défenseurs a en effet été le président américain Donald Trump. Chez les scientifiques, c’est le controversé professeur français Didier Raoult qui défend bec et ongles ce médicament, utilisé selon les pays comme traitement du paludisme ou de maladies auto-immunes. Mais les études ont tranché: l’hydroxychloroquine n’est pas efficace contre la COVID-19. Ce constat a surtout été nourri par l’étude Recovery,qui a montré début juin que cette molécule ne réduisait pas la mortalité (les résultats détaillés ont été publiés le 8 octobre dans le New England Journal of Medicine). L’hydroxychloroquine n’a d’ailleurs pas fait partie des traitements administrés à Donald Trump quand il a contracté la COVID-19. Cette saga a toutefois été marquée par un scandale académique: début juin, la prestigieuse revue The Lancet a dû retirer une étude critique sur l’hydroxychloroquine à cause de forts soupçons de fraude. Ce scandale a conforté l’opinion des farouches partisans de ce médicament malgré les évidences qui s’accumulent.

Lopinavir-ritonavir Utilisée contre le virus du sida, l’association de ces deux médicaments n’est pas efficace chez les patients hospitalisés pour la COVID-19. Là encore, c’est l’essai Recovery qui a permis d’aboutir à cette conclusion dès le 29 juin (avant la publication des résultats détaillés dans The Lancet le 6 octobre). Commercialisée sous le nom de Kaletra, l’association lopinavir-ritonavir ne permet de réduire ni la mortalité ni les risques d’être placé sous ventilation artificielle, selon les résultats de Recovery. Ce traitement ne raccourcit pas non plus la durée d’hospitalisation. afp