
Par Michel Séguin : Cet automne, un projet de modification de la taxe foncière sera soumis au vote des électeurs de Floride. Les électeurs de Floride se prononceront sur l’amendement n° 3 lors des élections générales du 3 novembre. Cette mesure fait suite à une initiative du gouverneur Ron DeSantis visant à réduire la taxe foncière pour les personnes ayant leur résidence permanente ou une citoyenneté américaine. Cette proposition accorderait un allègement fiscal bien plus important aux propriétaires de Floride remplissant les conditions requises qui font d’un bien immobilier leur résidence principale pouvant exonérer jusqu’à 50 000 dollars de sa valeur de certaines taxes foncières. L’amendement n° 3 porterait ce montant à 150 000 dollars en 2027 et à 250 000 dollars en 2028. Les taxes scolaires ne seraient pas incluses dans cette exonération élargie. Or la logique veut que les résidences secondaires, notamment de nombreuses maisons appartenant à des « snowbirds » canadiens, ne puissent pas bénéficier de cet allègement, car elles ne constituent pas la résidence permanente du propriétaire en Floride. Mais un autre élément hante entièrement l’esprit de certains snowbirds canadiens soulevant des questions quant à ce qui pourrait se passer si les collectivités locales commençaient à percevoir moins de recettes fiscales provenant des résidents permanents. L’amendement n° 3 en lui-même n’impose pas de nouvelle taxe aux Canadiens et n’oblige pas les municipalités à faire payer davantage les non-résidents. Il comporte également une mesure visant à offrir une protection supplémentaire aux propriétaires de résidences secondaires.
Actuellement, la valeur utilisée pour calculer les impôts fonciers sur un bien immobilier autre qu’une résidence principale peut généralement augmenter jusqu’à 10 % par an. L’amendement n° 3 ramènerait ce plafond à 5 %. Cela ne signifie pas nécessairement que le montant réel de l’impôt à payer par un propriétaire ne pourrait augmenter que de 5 %. Les collectivités locales fixent les taux d’imposition foncière dans le cadre de leurs budgets annuels, ce qui signifie que ces taux peuvent évoluer indépendamment de la valeur attribuée à un bien immobilier donc rien pour l’instant à s’inquiéter. Selon Snowbird Advisor, 70 % de ses membres interrogés l’année dernière se sont rendus aux États-Unis, contre 81 % l’année précédente. 11 % de moins me direz-vous ! Mais on est loin de l’embâcle que certains prétendent et à cela précisons qu’environ la moitié des « snowbirds canadiens » qui se rendent aux États-Unis choisissent généralement la Floride comme endroits pour passer l’hiver. Disons que le débat sur la taxe foncière n’est qu’un facteur parmi d’autres pris en compte en ce moment par les Canadiens et les Québécois au même titre que la valeur du dollar canadien et les tensions commerciales et politiques actuelles. Mais avec un dollar canadien aussi bas il y a de quoi à s’inquiéter ne semblant pas être en ce moment dans la mire du grand manitou de Davos qui n’a pas pour l’instant « lui et son parti » fait monter d’un cran l’aiguille du dollar canadien par ses prouesses à l’étranger comme le parti conservateur l’a fait à l’époque de Stephen Harper. En passant l’amendement n° 3 doit recueillir au moins 60 % des voix des électeurs de Floride pour être adopté. S’il est approuvé, il entrera en vigueur le 1er janvier 2027.

