Devant des "seniors" en Floride, Biden accuse Trump d'être de plus en plus "irresponsable"
Source: , | October 13th, 2020

En tête des sondages à trois semaines de la présidentielle américaine, Joe Biden a courtisé mardi les "seniors" en Floride en accusant Donald Trump d'être de plus en plus "irresponsable" depuis qu'il a contracté le Covid-19 puis renoué avec la foule dans ce même Etat-clé.

"Le seul senior qui intéresse Donald Trump c'est le senior Donald Trump lui-même", a lancé le candidat démocrate à Pembroke Pines, au nord de Miami, où il a une nouvelle fois dénoncé la gestion de la pandémie par le président républicain qui brigue un second mandat le 3 novembre.

L'ancien vice-président de 77 ans a tenu un discours d'une demi-heure en détaillant quelques propositions pour les personnes âgées, un électorat crucial qui, dans le "Sunshine State", a basculé de son côté dans les sondages après avoir voté en majorité pour le milliardaire républicain en 2016.

Mais il s'est surtout attardé sur l'action de son adversaire, alors que les Etats-Unis affichent le plus lourd bilan au monde avec plus de 215.000 morts du Covid-19. 

"Il a empêché les seniors de Floride et les citoyens de tout le pays d'avoir l'aide dont ils avaient besoin", a-t-il déploré. "Combien d'entre vous ne peuvent pas embrasser leurs petits enfants?", a-t-il ajouté dans un centre pour retraités.

"Les gens que je préfère"

Son discours n'a pas été ponctué par les déclarations parfois embrouillées ou trous de mémoire apparents constatés la veille dans l'Ohio, sur lesquels insiste le camp trumpiste pour mettre en doute sa forme physique et mentale.

Par contraste, le président-candidat âgé de 74 ans s'est lui présenté lundi "en pleine forme" lors d'un meeting en Floride, et se dit désormais "immunisé" contre le coronavirus moins de deux semaines après avoir été testé positif.

Mais Joe Biden mène de loin dans les sondages à l'échelle du pays (+10 points d'avance selon la moyenne établie par le site RealClearPolitics). Il a également l'avantage sur Donald Trump, quoique plus réduit, dans les Etats les plus disputés qui, comme la Floride (+3,7 points), pourraient faire basculer l'élection.

Donald Trump avait déclaré la semaine dernière son soutien aux seniors -- "les gens que je préfère" -- en promettant dans une vidéo de leur donner accès "gratuitement" aux mêmes traitements que lui contre le Covid-19.

Mais le démocrate a fustigé mardi le "comportement personnel irresponsable" et "inadmissible" du républicain "depuis son diagnostic". "Plus longtemps Donald Trump reste président, plus il devient irresponsable. Dieu merci il ne reste que trois semaines!", a-t-il ajouté. 

"Marasme abominable"

L'ex-magnat de l'immobilier a entamé un marathon de meetings à travers les Etats-clés, devant des foules peu masquées et sans distanciation physique, pour tenter de refaire son retard -- alors que déjà dix millions d'électeurs ont déposé leur bulletin de vote anticipé. 

"Je l'ai eu. Maintenant, ils disent que je suis immunisé. Je me sens si puissant!", a martelé lundi au sujet du virus Donald Trump en Floride où, sans masque, il a affiché une forme indéniable une semaine après sa sortie de l'hôpital. 

Devant une foule enthousiaste, il a de nouveau ironisé sur son rival qu'il surnomme "Sleepy Joe" ("Joe l'endormi"), en assurant qu'il n'attirait "presque personne". Le candidat démocrate refuse, au nom des précautions sanitaires, d'organiser des grands meetings de campagne.

Le président sortant est attendu mardi à Johnstown, dans l'Etat de Pennsylvanie qu'il a remporté en 2016 mais qui penche à ce stade pour Joe Biden dans les sondages. 

A ce même endroit, l'ancien bras droit de Barack Obama avait, fin septembre, rappelé ses origines modestes pour marteler sa nouvelle ligne d'attaque contre le milliardaire: l'élection est un choix entre les classes ouvrière et moyenne, incarnées par Johnstown ou sa ville natale de Scranton, également en Pennsylvanie, "contre Park Avenue", la clinquante rue new-yorkaise symbole du riche héritier. 

Dans un climat polarisé à l'extrême, le sénateur républicain Mitt Romney, ex-candidat à la Maison Blanche coutumier des critiques contre Donald Trump, s'en est pris mardi avec une virulence particulière au président, présenté comme l'un des principaux responsables du "marasme abominable, injurieux et empli de haine" qu'est devenu selon lui le débat politique. 

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