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Coronavirus: "tolérance zéro" dans les rues de Johannesbourg sous couvre-feu
Source: , | December 30th, 2020

"Rentre chez toi, je pourrais t'arrêter pour ça". Arme et matraque à portée de main, les forces de l'ordre ont multiplié les contrôles mardi soir dans les rues de Johannesbourg, pour faire respecter les nouvelles restrictions liées au Covid-19.

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a donné lundi un nouveau tour de vis aux mesures imposées pour freiner la pandémie: vente d'alcool interdite, masques obligatoires dans tout le pays, couvre-feu imposé dès 21H00 et jusqu'à 06H00 du matin, bars et restaurants fermés dès 20H00...

Frappée par une seconde vague de la pandémie avec plus de 27.500 morts, l'Afrique du Sud est le premier pays africain à avoir dépassé le million de cas, pour près de 59 millions d'habitants. 

A partir de 21H00, plusieurs dizaines de voitures de police ont quadrillé les rues de certains quartiers défavorisés de la capitale de près de cinq millions d'habitants. Juste avant, les autorités avaient averti dans un communiqué qu'elles appliqueraient une "tolérance zéro" le premier soir du nouveau couvre-feu. 

Au passage des voitures dans le centre-ville, des ombres filent. Une petite fille et un garçon passent furtivement dans la lumière des phares, les policiers sortent de leur voiture: trop tard, les silhouettes ont déjà disparu. 

Un peu plus loin, une dizaine de véhicules de police forment un barrage. 

"A partir de 21H00, plus rien ne bouge", lance un policier, le doigt sur sa montre, à un chauffeur de mini-bus taxi lors d'un contrôle. "Mets ton masque", assène-t-il avant d'inspecter l'intérieur de véhicule. "On fouille tout, au cas où il y aurait de l'alcool", explique-t-il.  

Fouille, palpations, une mitraille de questions posées en zoulou au chauffeur noir, au final celui-ci sera embarqué pour ne pas avoir respecter le couvre-feu.  

"Ceux-là vont passer la nuit au poste", explique le policier en montrant du doigt un fourgon. "Certains seront relâchés demain, d'autres seront jugés". 

Ne pas porter de masque dans les lieux publics peut désormais conduire à la prison dans le pays. 

Au même moment, un sans-abri chargé de bouteilles en plastique et de canettes, un chapelet autour du cou, passe dans la nuit. 

"Tu sais l'heure qu'il est ? Tu es au courant des nouvelles restrictions ? Qu'est-ce qu'il se passe si je te mets une amende ? Tu n'as même pas de quoi payer", lui dit une femme policier. 

Lentement, l'homme sort un masque à paillette crasseux de la poche de son pantalon qu'il pose sur son visage. Faisant un geste de la main, il ramasse son sac d'ordures et s'éloigne de la lumière des gyrophares.

cld/lbx