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Nucléaire: le chef de l'AIEA attendu à Téhéran avant une échéance cruciale
Source: , | February 20th, 2021

Le directeur général de l'AIEA est attendu samedi à Téhéran pour des discussions à la veille d'une échéance cruciale pour la levée des sanctions américaines, alors que le président Joe Biden a appelé à une coopération diplomatique sur le programme nucléaire de l'Iran.

La visite de Rafael Grossi intervient avant la date limite fixée au 21 février par le Parlement iranien pour restreindre certaines inspections de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), suscitant l'inquiétude quant à une éventuelle expulsion d'inspecteurs de l'ONU.

La République islamique a néanmoins souligné qu'elle ne cesserait pas de collaborer avec l'AIEA, le "chien de garde nucléaire" des Nations unies, et qu'elle n'expulserait pas d'inspecteurs de l'ONU.

Aucune détail sur la visite de M. Grossi prévue jusqu'à dimanche n'a été divulgué jusqu'ici.

Il doit "rencontrer de hauts responsables iraniens pour trouver une solution mutuellement acceptable compatible avec la loi iranienne", afin que l'AIEA puisse "poursuivre les activités de vérification essentielles en Iran", a tweeté vendredi M. Grossi.

Téhéran avait fait part de son intention de cesser "de mettre en oeuvre des mesures unilatérales de transparence", notamment l'accès des inspecteurs de l'AIEA à des installations non nucléaires, y compris des sites militaires suspects, si les États-Unis ne lèvent pas leurs sanctions imposées depuis 2018.

Les nouvelles mesures entreront en vigueur à partir de mardi, selon l'ambassadeur d'Iran auprès de l'AIEA.

Le porte-parole de l'Organisation de l'énergie atomique iranienne, Behrouz Kamalvandi, a indiqué mercredi que les deux parties discuteraient de la manière de mettre fin aux "actions unilatérales au-delà (des mesures) de sauvegarde", et de "poursuivre la coopération".

"Allers-retours diplomatiques"

Cette visite intervient aussi après l'appel lancé vendredi par le président américain, Joe Biden, aux puissances européennes à travailler de concert avec les Etats-Unis pour répondre aux "activités déstabilisatrices" de l'Iran, un jour après s'être engagé à reprendre les pourparlers sur son programme nucléaire.

M. Biden a déclaré à la conférence de Munich sur la sécurité que les États-Unis travailleraient en étroite coopération avec leurs alliés pour traiter avec l'Iran, une approche contrastant avec celle, unilatérale et agressive, de son prédécesseur Donald Trump.

"La menace de prolifération nucléaire requiert encore une diplomatie prudente et de la coopération entre nous", a déclaré M. Biden à ses alliés européens, également parties de l'accord sur le nucléaire iranien.

"C'est pour cela que nous avons déclaré être prêts à reprendre les négociations du groupe 5+1 sur le programme nucléaire iranien", a-t-il ajouté en référence aux cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Chine) plus l'Allemagne.

Téhéran a déclaré à plusieurs reprises être prêt à revenir à ses engagements nucléaires à condition que Washington fasse le premier pas en levant les sanctions qui asphyxient son économie.

L'Iran "annulera immédiatement" ses mesures de rétorsion si les Etats-Unis "lèvent sans condition toutes les sanctions imposées et rétablies par Trump", a tweeté vendredi le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, après une offre de pourparlers de l'administration Biden.

En riposte au retrait américain de l'accord en 2018, Téhéran s'est affranchi un an après de la plupart de ses engagements vis-à-vis de l'accord, tout en demandant un assouplissement des sanctions.

Le porte-parole du gouvernement iranien, Ali Rabii, a affirmé samedi que la dernière initiative nucléaire de Téhéran ne l'empêcherait pas de répondre à toute démonstration de bonne volonté de Washington, et a exprimé son optimisme concernant le processus diplomatique en cours.

Ce n'est "ni contre nos engagements ni un obstacle à une réponse proportionnée et appropriée à toute action américaine prouvant (sa) bonne volonté", a-t-il écrit dans un éditorial publié dans l'Iran, le quotidien du gouvernement.

"Nous pouvons prédire avec certitude que les initiatives diplomatiques fonctionneront bien", a indiqué M. Rabii, estimant "les allers-retours diplomatiques" tel "le prélude naturel au retour de toutes les parties à des engagements, y compris la levée de toutes les sanctions dans un proche avenir".

ap/kam/bfi