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Présidentielle en Equateur: un socialiste et un conservateur au second tour
Source: , | February 21st, 2021

Le socialiste Andrés Arauz, dauphin de l'ex-président Rafael Correa, et le conservateur Guillermo Lasso s'affronteront au second tour de l'élection présidentielle prévu le 11 avril en Equateur, duquel le candidat indigène de gauche Yaku Perez affirme avoir été frauduleusement écarté.

Dans ce pays confronté à une crise aggravée par la pandémie du covid-19, le jeune économiste Andrés Arauz s'est placé en tête du premier tour qui s'est tenu le 7 février, avec 32,72% des voix, contre 19,74% à l'ex-banquier de droite Guillermo Lasso et 19,39% à l'avocat écologiste Yaku Perez.

Ces résultats définitifs ont été proclamés par le secrétaire du Conseil national électoral (CNE) Santiago Vallejo, à l'issue d'une longue session achevée tard dans la nuit de samedi à dimanche.

Le vainqueur du second tour succèdera à l'impopulaire président Lenin Moreno, ex-allié du président Correa (2007-2017), qui ne se représentait pas et terminera son mandat de quatre ans le 24 mai.

Yaku Perez, 51 ans, candidat du parti Pachakutik, bras politique du mouvement indigène, a dénoncé une fraude en faveur de son adversaire de droite, qui l'a devancé de peu.

"Nous allons présenter un recours contre des milliers d'actes (des bureaux de vote) devant le Tribunal du contentieux électoral", a déclaré  ce farouche opposant à Rafael Correa, en rejetant "l'impunité d'une fraude électorale" dimanche à Riobamba (sud), où il était en tête d'une marche des indigènes attendue à Quito mardi.

Pour ou contre Correa

Andrés Arauz, 36 ans, a pour sa part assuré qu'il respectait "les recours de tous les acteurs politiques tant qu'ils n'altèrent pas le calendrier électoral".

"Aujourd'hui, la démocratie a triomphé. Nous allons à ce second tour avec énergie et optimisme", a de son côté affirmé Guillermo Lasso, 65 ans, dans un communiqué publié dès la proclamation des résultats.

Ce conservateur, qui se présente pour la troisième fois à la présidentielle sous la bannière de son mouvement Créer des opportunités (Creo, droite), entend rassembler l'opposition à Rafael Correa.

En 2013, il avait été vaincu dès le premier tour par l'ancien président, puis à nouveau battu en 2017 par Lenin Moreno, mais de seulement deux points au second tour.

Seize candidats étaient en lice le 7 février, dont le centriste Xavier Hervas du parti Alliance démocratique arrivé quatrième avec 15,68% des voix, les autres étant autour de 2%.

La campagne pour le second tour doit se dérouler du 16 mars au 8 avril.

Outre un affrontement entre la gauche et la droite, "s'annonce la lutte corréisme-anticorréisme", a déclaré à l'AFP le politologue Esteban Nichols de l'université andine Simon Bolivar, estimant que Guillermo Lasso va devoir "chercher des alliances".

Andrés Arauz, ancien ministre de Correa, n'a pas réussi à l'emporter dès le premier tour comme son mentor en 2009 et 2013, faute d'avoir la majorité absolue ou au moins 40% des voix avec dix points d'avance sur le suivant.

Candidat de la coalition Union pour l'espérance (Unes, gauche), il a capté l'électorat de l'ex-président, qui depuis son départ du pouvoir vit en Belgique, pays de son épouse, et a été condamné l'année dernière par contumace à huit ans de prison pour corruption.

"Par lui-même, il ne génère pas de voix. Les gens ont voté pour Correa", a souligné M. Nichols.

Marche des indigènes

Les indigènes, qui ne représentent que 7% des 17,4 millions d'habitants du pays, mais à l'origine d'un violent soulèvement social en 2019, se sont mobilisés pour leur candidat, premier autochtone à parvenir aussi loin à une présidentielle en Equateur.

Après des vigies devant le CNE, ils ont entamé une "marche pour la démocratie" depuis Loja (sud), proche de la frontière avec le Pérou.

Yaku Perez a prévu l'arrivée dans la capitale "de fleuves de personnes, de fleuves de cœurs pour dire que notre vote se défend, notre vote ne se vole pas. Il faut récupérer les voix!"

Face au retard des résultats, près de deux semaines après le premier tour, et à l'étroite marge entre les 2e et 3e candidats, l'ONU et l'Organisation des états américains (OEA) ont appelé à la "transparence".

L'entité de contrôle des fonctionnaires en Equateur a demandé samedi au CNE d'autoriser un audit du système informatique électoral avant le second tour pour "garantir nécessaire transparence, sécurité juridique, légitimité, usage adéquat des ressources publiques et favoriser un climat de confiance".

Le 7 février, quelque 13,1 millions d'Equatoriens étaient également appelés à désigner les 137 députés du parlement monocaméral. Aucun parti n'y a remporté la majorité. 

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