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La Norvège aux urnes dans un scrutin dominé par l'avenir pétrolier du pays
Source: , | September 13th, 2021

Les Norvégiens ont commencé à voter lundi dans des législatives qui devraient couronner l'opposition "rouge verte" et pourraient influer sur les activités pétrolières du pays, plus gros producteur d'hydrocarbures d'Europe de l'Ouest, face à l'urgence climatique.

Les bureaux de vote ont ouvert à 09H00 (07H00 GMT) et les premières projections basées sur le vote anticipé seront dévoilées à 21H00. 

Selon les sondages, une nette majorité se dessine pour déloger la coalition de centre droit d'Erna Solberg, victime d'une usure du pouvoir après huit ans à la tête du royaume nordique.

Le leader travailliste Jonas Gahr Støre, millionnaire de 61 ans qui a fait campagne contre les inégalités sociales, est bien placé pour lui succéder, mais les contours du prochain gouvernement, notamment le poids des forces écologistes, restent en suspens. 

Son parti et ses alliés privilégiés, le parti du Centre (agrarien) et la Gauche socialiste, obtiendront-ils une majorité parlementaire à eux trois ou devront-ils obtenir l'appui de deux autres forces d'opposition, les écologistes de MDG et/ou les communistes de Rødt, ce qui compliquerait encore les tractations?

Selon une moyenne des sondages réalisés entre le 2 août et le 11 septembre, publiée dimanche soir par TV2, le trio pourrait remporter une majorité très étriquée de 85 sièges sur les 169 que compte le Storting, le Parlement monocaméral. Le bloc dit "bourgeois" (droite) récolterait 67 mandats, Rødt 9 et MDG 8.

"J'ai de bonnes sensations", a dit M. Støre en déposant son bulletin dans une école d'Oslo dimanche, le scrutin ayant ouvert un jour plus tôt dans les grandes villes.

Un nombre record de plus de 1,6 million de Norvégiens, soit 42,3% du corps électoral, ont déjà fait leur devoir civique par vote anticipé.

Désaccoutumance

L'"alerte rouge pour l'humanité" lancée début août par les experts de l'ONU sur le climat (Giec) a placé la question du réchauffement au cœur de la campagne électorale et forcé le pays à une réflexion sur le sort des activités pétrolières qui l'ont rendu immensément riche. 

Le rapport a galvanisé ceux qui, à gauche et, dans une moindre mesure, à droite, veulent en finir avec le pétrole.

MDG, le parti le plus en pointe, réclame l'arrêt immédiat de toute exploration pétrolière et celui de l'exploitation en 2035, un ultimatum rejeté par M. Støre, diplômé de Sciences Po Paris et ministre de Jens Stoltenberg entre 2005 et 2013.

Conservateurs et travaillistes, les deux forces dominantes du pays, prônent une désaccoutumance progressive aux hydrocarbures.

En Norvège, le secteur pétrolier représente 14% du Produit intérieur brut, plus de 40% des exportations et 160.000 emplois directs. L'or noir a aussi permis au royaume de 5,4 millions d'habitants d'amasser le plus gros fonds souverain au monde avec près de 12.000 milliards de couronnes d'actifs (1.166 milliards d'euros).

"La demande de pétrole est sur une pente descendante. Cela se produit de soi-même, par la loi du marché. Nous n'avons pas besoin de le décréter (...) mais de construire des ponts vers des activités d'avenir", a dit à l'AFP le responsable travailliste des questions énergétiques, Espen Barth Eide.

Finie la prospection dans l'Arctique?

Selon nombre d'observateurs, un compromis dépendra du poids électoral des partis à la fibre écologiste et pourrait passer par la fermeture de certaines eaux à la prospection pétrolière, notamment dans l'Arctique.

Après huit ans de pouvoir, un record pour les conservateurs, et de multiples crises (migrants, chute du cours du baril, Covid-19...), Mme Solberg va vraisemblablement passer le relais.

"Si vous pensez que les choses vont bien en Norvège, allez voter conservateur", a-t-elle déclaré lundi après avoir dûment présenté ses papiers d'identité et déposé son scrutin dans sa ville natale de Bergen (ouest).

La populaire dirigeante, qui a écorné son image en enfreignant ses propres restrictions sanitaires lors de la célébration de son 60e anniversaire, a confié qu'elle allait ensuite rentrer chez elle "vider (ses) valises", après sept semaines de campagne électorale, et "faire des machines".  

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