
Par Michel Séguin : On en voit presque partout sans pour autant se soucier de ce que cela est. Vous avez sûrement déjà vu des Coccoloba uvifera : bordant les dunes, ombrageant les boulevards côtiers, parsemant les paysages des quartiers. Mais malgré leur omniprésence, de nombreux habitants de la Floride ne réalisent pas le potentiel culinaire et nutritionnel de cette plante, mieux connue sous le nom de « raisin de mer ». En hiver, les grappes pendantes de l’arbre mûrissent, passant du vert au violet foncé, signe que la pulpe veloutée et translucide du fruit est prête à être consommée. Le Coccoloba uvifera est un fruit acidulé. Les gousses contiennent plus de graines que de chair. On cuisine donc souvent le fruit pour en faire une gelée sucrée salée similaire à celle à base de raisins. Le processus est simple en théorie (bouillir, filtrer, réduire), mais les graines épaisses et la pulpe fine du fruit en font une tâche étonnamment laborieuse. Lorsqu’on cherche à exprimer pleinement les qualités de l’arbre lui-même, il se tourne vers le miel de raisin de mer, une variante hyperlocale produite par certains apiculteurs du sud de la Floride, ou prépare du kombucha au raisin de mer pour faciliter la digestion.
Depuis des millénaires, les communautés de Floride, des Caraïbes et d’Amérique du Sud utilisent le raisin de mer comme aliment et comme remède. Les guérisseurs traditionnels préparaient une tisane à partir des feuilles de l’arbre pour soulager les irritations de la gorge et les troubles digestifs, tandis que des morceaux d’écorce étaient utilisés en application locale pour traiter les éruptions cutanées et les blessures. Comme les raisins de mer contribuent à stabiliser le littoral, il est illégal de les récolter sur des terres publiques ou privées sans autorisation. Et bien que les arbustes soient omniprésents dans le sud de la Floride, la plupart sont soigneusement taillés à des fins d’aménagement paysager. Pour la plupart des gens, le moyen le plus sûr de s’en procurer est de s’adresser aux producteurs, mais là encore il faut chercher. Toutefois cela permet de garder à portée de main une source alimentaire locale, ce qui est bon pour la santé. Les mettre dans notre assiette renforce également notre sentiment d’appartenance, nous rapproche de la terre et lie notre santé personnelle à celle de notre écosystème.
Source magazine Carrefour Floride : carrefourfloride.com/











