
Par Richard Johnson : Comment pensent les menteurs ? Ils fascinent et inquiètent, car ils manient avec virtuosité une capacité hautement humaine que chacun apprend plus ou moins à développer : la dissimulation. Nous scrutons leurs visages et y cherchons, intrigués, ce « je-ne-sais-quoi » qui nous différencie d’eux. Nous connaissons tous de grands menteurs. Comment ne pas être fasciné par une telle aptitude à berner ses interlocuteurs ? L’art de dissimuler est au cœur de nos préoccupations. Il suffit de se référer aux séries télévisées les plus regardées pour s’en convaincre. Dans chacune d’elles, la capacité à mentir des héros ou des personnages clés est centrale. Pensons à certains politiciens. Pourquoi un tel intérêt ? « Le mensonge a toujours passionné les civilisations. Pensons au polygraphe, aux “fake news”, aux campagnes électorales, aux réseaux sociaux, aux légendes urbaines… Le mensonge est partout. Plus on ment, plus on saura bien mentir. Contrairement à ce qui apparaît dans la série Lie to Me, où le Dr Cal Lightman, expert en détection du mensonge interprété par Tim Roth, ne cesse de démasquer les usurpateurs, la recherche dispose de bien peu d’indices pour affiner la détection des menteurs. Voilà qui a de quoi étonner alors que tous, à plus ou moins grande échelle, nous mentons.
Une étude auprès d’étudiants américains a montré que ceux-ci mentaient en moyenne deux fois par jour ; chez certains, cela pouvait même aller jusqu’à quatre-vingts fois par jour ! Comment et pourquoi certains parviennent à mentir avec virtuosité semble être le nouveau champ d’exploration de la psychologie. Ce sont notamment les aptitudes émotionnelles des menteurs qui retiennent l’attention des chercheurs. On pense souvent que le regard fuyant, la transpiration ou les manifestations de stress désignent le menteur. Faux! Les grands menteurs, les psychopathes, ont une immense capacité à regarder droit dans les yeux et à manifester énormément d’assurance… Plus on ment, plus on saura bien mentir. Le falsificateur s’accoutume à la falsification de la vérité et, lorsque mentir devient un besoin pathologique, le menteur devient mythomane. Les grands manipulateurs. Nous avons tous une culture du mensonge, apprise très tôt, dans le cercle familial. Qui n’a pas menti pour échapper à l’éducation et aux contrôles familiaux? Qui n’a pas menti à un professeur, un policier, un douanier, un médecin?
SOURCE MAGAZINE FLORIDE
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