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Par Jacques Léger
Qu’est-ce que le verbe aimer ? J’aime mon chat, mon chien, j’aime ma nouvelle voiture, j’aime mon emploi, j’aime ma femme, « je t’aime » ! ? Le verbe est aimé, utilisé à toutes les sauces ne finit-il pas, à l’usure, par se vider de sa substance et par ne plus vouloir rien dire, quelque part ? Qu’exprime l’amoureux (se) lorsqu’il (elle) dit : « Je t’aime » ? Tu me fais rire ? Je suis bien avec toi ? Je ne suis plus seul ? Tu m’apportes ceci ou cela ? Est-ce que le sens du mot aimer ne se réduirait plus qu’à une simple quête d’un manque ? Celui de se sentir aimé, une sorte désir égoïste, une attente de la personne qui pourrait combler les manques de « PRÉSENCE » à soi-même ? Comme je ne m’aime pas moi-même, je demande à l’autre de me remplir de cet amour que je me refuse pour de bon. « Aimer serait peut-être une façon inconsciente de dire : « j’espère que la personne pour laquelle j’apprécie la beauté m’apportera les choses que j’attends d’elle ».
Et si nous bannissions tout simplement le verbe aimer totalement de notre vocabulaire, pour le remplacer par le verbe “aider”. Imaginons ce que serait la promesse de la cérémonie du mariage : « Je m’engage à t’aider à devenir la femme (ou l’homme) que tu rêves de devenir » tout un contrat ! Au moyen âge, le verbe aimer n’était pas dans l’usage. On ne disait jamais “je t’aime”. Cela ne se faisait pas. Si un époux voulait exprimer sa reconnaissance, sa joie, son affection, sa tendresse, son amour, il pouvait par exemple se lever secrètement la nuit pour laver les planchers pour soulager le fardeau de sa belle. L’existence était pleine de souffrance, de pauvreté, la maladie, etc. À l’époque aimer voulait surtout dire : aider, donner, sacrifier, comprendre, respecter, etc. Aujourd’hui, les feux d’artifice multicolores d’une rencontre amoureuse passent pour être de l’amour véritable, alors que la convoitise et le désir de recevoir font que trop souvent, dans les faits, nous tombons en amour avec l’amour. Le véritable amour exige, quant à lui, beaucoup de temps, de la patience, des sacrifices, du renoncement, de la longanimité, un engagement total, une fidélité absolue. Le mariage, c’est pour les grands… Comme le disait Antoine de Saint-Exupéry : “L’amour commence là où il n’y plus rien à attendre”…Jadis, les mains servaient à donner ; tristement, aujourd’hui nos mains ne servent plus qu’à recevoir…

