
Par Richard Johnson : La définition de l’immortalité a évolué dans l’Histoire pour aboutir à un renversement des valeurs, explique Bertrand Vergely, philosophe et théologien. Chez les Grecs, tout homme, par ses prouesses ou sa morale, pouvait se distinguer et laisser une trace à jamais. À présent, seule une minorité de riches peuvent espérer vivre éternellement en conservant leur corps le plus longtemps possible. Le matérialisme a pris le pas sur la spiritualité. Google a dévoilé son dernier projet en date, Calico (California Life Company), soutenu par Larry Page, 24e personnalité la plus riche de la planète. Commentaire du PDG et cofondateur du groupe avec Sergueï Brin : « Ces problèmes nous affectent tous, de la diminution de notre mobilité et de notre agilité mentale survenant avec l’âge, aux maladies mortelles, qui font payer un lourd tribut aux familles. Et même si c’est clairement un pari sur le long terme, nous pensons pouvoir faire de grands progrès dans des délais raisonnables » Pilotée par Arthur Levinson, ancien dirigeant de Genentech, l’une des plus grandes entreprises de biotechnologie, Calico reste discrète sur le financement dont elle dispose, et floue sur la manière dont elle compte entamer sa course contre la mort. Son PDG se contente d’expliquer que la société est plus proche d’un institut de recherche pour comprendre les mécanismes du vieillissement que d’un traditionnel laboratoire pharmaceutique.
L’immortalité bientôt accessible à tous ?
Contrairement à ce que l’on pense, l’immortalité va être accessible à tout le monde, même si, dans un premier temps, seuls quelques nantis pourront se l’offrir, estime Laurent Alexandre, cofondateur du site Doctissimo. Également dirigeant de DNA Vision, une société spécialisée dans le séquençage ADN, Laurent Alexandre est présent au capital de la firme de biotechnologie Cellectis. Une filiale de cette entreprise propose de conserver dès aujourd’hui un morceau de soi, plus exactement des cellules de peau prélevées généralement sous les aisselles. Transformées en quasi-cellules souches embryonnaires, elles sont congelées et conservées jusqu’à ce qu’il soit possible de les cultiver à loisir pour réaliser, peut-être un jour, des organes neufs en remplacement de ceux qui se montreraient défectueux. Pour bénéficier de ce service de régénération, encore faut-il pouvoir débourser $65 000 dollars pour un stockage de dix ans et $85 000 dollars pour toute la vie. « Nous ne promettons pas l’immortalité, mais une sorte d’assurance, sans garantir quoi que ce soit », précise, prudemment, une porte-parole du groupe. D’ailleurs, stocker soi-même son patrimoine génétique est interdit en France.
Source- magazine Carrefour Floride cliquez www.carrefourfloride.com

