Michel Séguin :
La Floride a récemment adopté des lois obligeant les hôpitaux qui reçoivent des fonds de Medicaid ou du Children’s Health Insurance Program à collecter des informations sur le statut d’immigration des patients. Bien que les hôpitaux soient tenus de recueillir ces informations, la loi fédérale stipule qu’elles ne doivent pas avoir d’incidence sur les soins prodigués aux patients. Donc ce sont les contribuables américains qui payent pour ces gens avec les meilleurs soins au monde. En Floride, les hôpitaux doivent également indiquer que la réponse ne donnera pas lieu à un rapport aux autorités de l’immigration. Toutefois, la nouvelle réglementation, ainsi que les autres restrictions imposées aux migrants sans papiers, pourraient accroître les craintes des familles d’illégaux, ce qui les rendrait réticentes à se faire soigner.
À ce sujet, un rapport indique que les dépenses d’urgence de Medicaid en Floride ont chuté après l’entrée en vigueur des exigences, en raison d’une diminution du recours aux soins parmi les migrants sans papiers, ce qui pourrait avoir des conséquences négatives sur la santé de ces derniers. Certaines familles pourraient également déménager dans d’autres États pour se faire soigner. L’American Medical Association a recommandé d’éviter de documenter explicitement le statut des patients illégaux et des membres de leur famille dans un dossier médical pour ces raisons. Il convient de souligner que les immigrants non citoyens ont des taux de non-assurance plus élevés, mais qu’ils utilisent moins de services de santé et ont des dépenses de santé par habitant plus faibles que les citoyens. L’utilisation plus faible chez les non-citoyens pourrait s’expliquer par le fait qu’ils sont plus jeunes et en meilleure santé que leurs homologues nés aux États-Unis souffrant d’obésité, ainsi que par le fait qu’ils sont confrontés à des obstacles plus importants à l’accès aux soins.

