
Avec l’envolée du prix des oeufs aux États-Unis, des négociants en animaux de ferme ont constaté une augmentation de leurs ventes de poules, certains Américains accueillant des volailles chez eux pour produire leurs oeufs eux-mêmes. Les gens veulent les acheter parce que le prix des oeufs a augmenté ou simplement parce qu’il n’y en a plus”, explique à l’AFP John Berry, gérant de l’entreprise Wabash, qui évoque une “augmentation dramatique de la demande” ces dernières semaines. Basé à Houston, au Texas (sud), le négociant a récemment écoulé 100 poules en quatre jours, un nombre atteint habituellement en trois semaines. Nos ventes de volailles ont doublé, voire triplé”. Les exploitations avicoles ont été durement frappées par le rebond de l’épidémie de grippe aviaire, qui sévit depuis 2022 aux États-Unis. Plus de 21 millions de poules pondeuses ont été euthanasiées depuis début janvier à cause de l’épizootie, selon le ministère américain de l’Agriculture (USDA). Plus de 13 millions sont mortes en décembre. Conséquence: le prix des oeufs s’est envolé, déboussolant des consommateurs habitués à débourser peu pour cet aliment de base. Dans certains supermarchés, la douzaine a dépassé les dix dollars (9,65 euros) pour les oeufs de qualité supérieure, et six dollars (5,79 euros) pour les plus basiques plus du double de leur prix habituel.
Et, dans d’autres magasins, les rayons sont vides. Aux Etats-Unis, le virus de la grippe aviaire circule dans des élevages de volailles, chez les oiseaux sauvages mais aussi les vaches laitières. Prendre des poules n’est pas anodin, avertissent les autorités sanitaires. Si le risque de transmission du virus au grand public est “faible”, il est “plus élevé” pour les personnes “exposées” aux oiseaux sauvages, volailles ou vaches, selon les Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC). Un premier décès humain lié à la grippe aviaire, un homme âgé souffrant d’autres pathologies, a été annoncé en janvier par les autorités sanitaires de Louisiane. Il aurait été infecté à la suite de contacts avec des oiseaux de basse-cour et sauvages. Au total, près de 70 cas ont été détectés chez des humains depuis début 2024, en grande majorité bénins. Actuellement, il n’y a pas assez de volailles pour remplacer les millions qui ont été tuées à cause de la maladie. “Il aurait fallu l’anticiper et élever des milliers voire des millions de poules supplémentaires.Une nouvelle génération prendra la place de celles qui ont été perdues, mais cela prendra du temps. Deux ou trois mois, voire plus, avant que les choses ne rentrent dans l’ordre”, anticipe M. Berry, qui recommande aux consommateurs de faire des réserves d’ici là. AFP

