
Par Richard Johnson : Vous marchez sur la plage, avec de l’eau jusqu’aux mollets. La vie est douce. Pas une seconde vous ne soupçonnez que l’océan est devenu un enfer sonore. Une torture pour les animaux marins. Hé oui. Le bruit d’origine humaine déstabilise la vie aquatique. Les paquebots, les hors-bords rapides, les sondages sismiques, la pêche à la dynamite, les plateformes d’exploitation pétrolière, toutes ces machines provoquent une série de bruits dérangeants qui s’assemblent en une cacophonie néfaste pour les écosystèmes marins. C’est ce que montre une étude de grande ampleur publiée il y a quelques jours dans Science. Les 25 chercheurs qui la cosignent ont passé en revue plus de 10 000 publications scientifiques sur le sujet. Voici leur constat : cette cacophonie d’origine anthropique modifie les comportements de certaines espèces et, dans certains cas, menace leur capacité à survivre. En outre, la crise climatique transforme les sons issus de sources comme les glaces de mer ou les tempêtes. Ces bruits nuisent aux mammifères marins, mais plusieurs études montrent qu’ils affectent également les poissons, les invertébrés, les oiseaux de mer et les reptiles.
Le son permet aux animaux marins de communiquer entre eux et de s’orienter dans leur environnement. C’est le cas des dauphins notamment. Mais aussi des poissons-clowns, qui ne voient pas les récifs coralliens mais les entendent. Une perturbation de leur environnement sonore risque de les empêcher de retrouver leur maison et de provoquer leur mort. La bonne nouvelle, c’est que cette question n’est pas sans réponse. Le bruit est pratiquement le problème le plus facile à résoudre dans l’océan. On sait exactement ce qui le cause, on sait où et on sait comment y mettre fin. Parmi les solutions envisagées, les chercheurs proposent que les navires évitent les zones où vivent des créatures sensibles à la pollution sonore, qu’ils utilisent des hélices plus silencieuses ou qu’ils réduisent leur vitesse. Les industries comme l’exploitation minière en haute mer sont appelées à revoir leur mode de travail pour le rendre moins bruyant. Rappelons qu’une limitation de vitesse fut en vigueur du 28 avril au 15 novembre 2020 pour les navires de plus de 13 mètres qui naviguaient dans l’ouest du golfe du Saint-Laurent pour protéger la baleine noire.
Source: Magazine Carrefour Floride https://www.carrefourfloride.com/

