
Par Michel Séguin : Emprunter plus d’une chaise, plutôt qu’une seule à Ottawa à la Chambre des Communes ne date pas d’hier. Le Parti libéral-conservateur a déjà été le nom officiel du Parti conservateur du Canada jusqu’en 1917, puis de 1922 à 1938. Un nom ayant tous les atouts. Autant conservateur que libéral à la fois composé de projets de loi progressistes souvent mal calculés et suivis de son lot de conséquences auxquelles nous devons tous ensuite en assumer les dégâts collectivement. Comme c’est le cas actuellement. Mais tout en gardant une partie de ses acquis traditionnels conservatrice comme la monarchie britannique. Aspect symbolique (pour plusieurs, rétrograde) auquel le Canada même devant l’impopularité presque générale peine de s’en dessaisir. Or lorsqu’on s’offre le plaisir d’inviter le Roi Charles pour prononcer le discours du trône, il serait important que tous les Canadiens même les Québécois y compris les Acadiens soient d’autant plus bien représentés autant d’un côté comme de l’autre oubliant ce qui les oppose versus ce qui les rassemble à la venue du roi. Offrant l’image d’un Canada uni ! Logé il y a belle lurette dans l’imaginaire collectif des Canadiens. Ce qui n’a jamais été vraiment le cas ! Presque seul à y croire, Mark Carney a tenté de proposer aux Canadiens un Canada uni. Du même coup sachant que Charles aime venir au Canada soulevant ainsi un tas d’interrogations à savoir jusqu’à quel point ce dernier était le bienvenu pour l’occasion ! Rappelons que Charles en était à sa 20e visite au Canada en plus d’un demi-siècle, et sa première visite en tant que souverain. Mais pour revenir au parti du premier ministre Mark Carney qui semble plus à l’aise dans ses souliers de conservateurs modérés qu’un libéral d’âme et de cœur du point de vue moral semble pour l’instant vouloir redonner à la droite la place qu’elle lui revient au sein du parti entre autres avec l’élimination de la taxe carbone qui donnait raison au parti conservateur quelque mois avant l’élection s’ajoutant à certaines politiques de Pierre Poilievre et son équipe.
Un parti libéral qui tend à se redéfinir de nouveau ou autrement n’étant plus tout à fait ouvert aux grands changements d’avant, mais composé presque de la même équipe sans contraste découlant de la mauvaise gestion de ces derniers, conscients que l’incompétence n’est pas un crime avec un dollar canadien toujours à un niveau inacceptable doublé d’un endettement historique lourd sur les épaules des Canadiens pour plusieurs années. Mais Mark Carney a vu juste en ajustant son programme politique mais nous donnant envie de nous interroger sur la ressemblance de certaines options, touchant celles du parti conservateur du Canada lors de la dernière élection. Permettant à Carney et son parti de changer quelque peu d’image et à la fois de renchérir et renforcer encore plus l’opinion publique canadienne de manière significative en sa faveur comme étant le vrai et l’unique parti légitime et dominant du Canada. Un parti à la fois libéral légèrement conservateur au besoin au cas où les sondages ne sont pas à son avantage. C’est quasiment dire aux Canadiens, surtout ceux et celles de l’ouest, qu’ils n’ont plus vraiment besoin d’un X-ième parti politique permettant de déloger un jour celui déjà en place afin d’aspirer à prendre le pouvoir et mettre en œuvre un programme politique divers se distinguant de ses adversaires sur une base idéologique préférablement nuancée qu’elle soit progressiste, voire conservatrice. Alors à quoi bon d’aller voter ? Ou bien sortir de cette confédération n’ayant plus sa place parmi elle ! C’est d’ailleurs, la question que certaines provinces de l’ouest à partir de l’Alberta se sont posée lors de la dernière élection avec un soi-disant parti politique englobant tous les autres dans ses fonctions lorsque vient le moment de charmer les Canadiens sur les nouvelles politiques en place ce qui n’a pas empêché ce même parti légitime et dominant de rester encore minoritaire pour un autre 4 ans comme c’est le cas en ce moment.

