
Par Richard Johnson : Tu peux être tout sauf athée aux États-Unis. En somme c’est la pire chose que tu peux être à la vue de la majorité des Américains. Quand votre conjoint demande le divorce et dit au juge : “Je veux la garde de l’enfant parce que mon ex est athée.” C’est un cas presque automatique de jugement en votre défaveur. Aux États-Unis, dit Todd Stiefel, président de l’Openly Secular coalition, le pire n’est pas d’être un fanatique religieux quasi extrémiste, le pire est de ne croire en aucun Dieu. Depuis quelques années, les athées, agnostiques, et libres penseurs combattent la discrimination dont ils sont victimes, dans leur famille, leur travail, et toute la société. Sept États ont conservé dans leur constitution des articles déclarant que les non-croyants sont inéligibles à de nombreuses fonctions d’intérêt public occupées soit par des fonctionnaires ou des professions libérales : Arkansas, Mississippi, Tennessee, Texas, les Caroline du Nord et du Sud, et le Maryland. Ce dernier étend l’interdiction aux jurés et témoins des procès. Un huitième État, la Pennsylvanie, formule la chose autrement : « Nul ne peut être empêché d’accéder à un poste public à cause de sa religion – aussi longtemps qu’il croit en Dieu, au paradis et à l’enfer. » En 1961, la Cour suprême, saisie par un athée de Caroline du Nord que l’on empêchait de contresigner des actes notariés, avait jugé que les États ne pouvaient pas exiger des « tests de religiosité » pour les emplois publics.
Plus de 50 ans plus tard, que s’est-il passé? Rien. Les politiciens ont peur. Toucher aux Églises, c’est perdre son élection. Voilà pourquoi l’opposition porte le combat du côté juridique, attaquant les États. Au départ, la Secular Coalition for America avait comme priorité d’attaquer une loi de l’administration Bush, qui favorise les congrégations religieuses pour l’attribution des subventions publiques en matière sociale. Washington confiait les milliards aux églises. Les structures dépendant des églises ne sont pas tenues au même respect des normes que les structures laïques. Dans les garderies, par exemple, les religieuses peuvent embaucher le type de personnel qu’elles veulent et accueillir autant d’enfants qu’elles décident. Par contre, les garderies laïques doivent respecter des normes d’encadrement et de fonctionnement bien précises. Du coup, les structures laïques sont beaucoup plus chères. Les organisations confessionnelles ne sont pas obligées de rendre des comptes sur l’emploi qu’elles font de l’argent public, et les autorités ne peuvent pas les inspecter. Les organisations laïques, au contraire, si elles sont habilitées à recevoir des donations privées déductibles d’impôt, sont rigoureusement contrôlées : injuste, mais la majorité des Américains trouve ça normal, estimant que l’État ne doit pas interférer dans les affaires religieuses. Aux États-Unis, les églises sont nombreuses, indépendantes et diverses. Les individus choisissent celle qui leur convient, et ils peuvent même changer d’église plusieurs fois dans leur vie. Ils tiennent la religion pour une de leur plus grande liberté. Alors, ils ne font pas la vie facile aux athées.
Source- magazine Carrefour Floride cliquez www.carrefourfloride.com

