
Par Richard Johnson : Les gouvernements, les banques, les géants du Net poussent très fort pour éliminer la monnaie de papier. Avec raison. La monnaie électronique est immensément pratique. Où que l’on soit sur Terre, peut-on dire, on paie avec du plastique, un téléphone ou un ordinateur. Merveilleux ! Mais la médaille a deux côtés. Autant il est facile de payer, autant il est facile de piger dans votre compte ou de vous empêcher de payer. On le voit bien avec l’impossibilité des Russes d’utiliser leurs cartes Visa, Master Card ou autres American Express. Terminé! Les banques, suite aux ordres des gouvernements américains et européens ont coupé le courant. La petite famille est en vacances à l’étranger pour deux semaines, et hop, voilà que la carte ne fonctionne pas! Que faire? Comment manger, se loger, se transporter? La disparition du cash, c’est à terme la disparition de la liberté car elle permet l’arbitraire et la prédation. Attention! Lorsque nous déposons de l’argent dans une banque, il ne nous appartient plus : nous devenons créanciers de notre banque qui nous doit notre argent. En cas de crise financière et bancaire, notre seule défense en tant que citoyen ordinaire consiste à retirer notre argent. Dans une société sans cash, cela devient impossible.
La disparition du cash donne ipso facto un droit de regard de l’État sur tous les actes d’achat et de vente que nous effectuons, heures et lieux compris. Elle rend possible la mise au ban de la société d’un individu de façon instantanée, sans aucune procédure légale, avec seulement l’intervention d’un fonctionnaire ou même à la suite d’une erreur technique, nos comptes peuvent être bloqués et nous ne pouvons plus effectuer aucun achat d’une autre façon. On voit comment les gouvernements peuvent parfois être brutaux pour percevoir l’impôt, imaginons ce qu’ils peuvent faire dans une économie totalement numérique. En Suède, le pays le plus avancé dans la disparition du cash, avec la Corée du Sud, on recommande aux citoyens de stocker un peu de monnaie de papier pour faire face aux cas d’urgence comme les interruptions de courant électrique, le terrorisme, les cyberattaques d’un État voyou ou la guerre.

