
Par Michel Séguin : On va se le rire, les droits de douane frappent l’économie canadienne à un moment où elle est déjà en difficulté. Le Canada se remet encore d’un choc majeur sur les taux d’intérêt. Le taux de chômage continue d’augmenter, le pays fonctionnant toujours avec une offre excédentaire et en deçà de sa pleine capacité. Tant sur le plan cyclique que structurel, l’économie canadienne n’est pas bien placée pour absorber un choc de cette ampleur. Et avec un tarif de 25 % sur tous les produits en provenance du Canada vers les États-Unis il n’y a aucun choix que de baisser le dollar canadien pour certains temps en bas de la barre du 65 cents pour contrer le 25 % du moins afin d’offrir des produits qui pourraient entrer en compétition à ceux des États-Unis sur le marché américain pour éviter de faire baisser le carnet de commandes des entreprises canadiennes et québécoise qui ont besoin des États-Unis pour survivre.
Un dollars canadiens en bas de la barre du 65 cent veut dire que pour obtenir $100.00 américains les Canadiens devront payer autour de $1.50 canadiens toutefois du côté américain c’est minimum de 45 % de moins sur tout ce qui provient du Canada à l’achat avec plus de tourisme en provenance des États-Unis et d’ailleurs. Toutefois le bon sens à cette spirale de tiraillements qui met aux prises le Canada et États-Unis de manière historique reste la négociation diplomatique, faute de quoi toutes les parties se retrouveront sur une trajectoire économique durablement dégradée. Malheureusement, l’inconnue clé, la durée, est la plus importante des mesures pour déterminer la trajectoire de l’économie et des marchés financiers des deux côtés de la frontière. Et malheureusement ce n’est pas avec Justin Trudeau et Donald Trump que les relations entre les deux pays seront au beau fixe. Il faudra un autre parti canadien pour essayer de remettre en valeur les relations entre les deux pays. Et je ne vois qu’un seul parti politique canadien capable de le faire. Du moins pour l’instant !

