Par Michel Séguin : Comme elles le font depuis des millions d’années, des milliers de tortues de mer ont quitté péniblement l’océan pour venir pondre sur les plages américaines au cours des derniers mois. Cette année, des records de nidification ont été enregistrés en Floride et ailleurs, malgré les inquiétudes croissantes suscitées par les menaces liées au changement climatique. En Floride, les statistiques préliminaires de l’État font état de plus de 133 840 nids de tortues caouannes, battant ainsi un record établi en 2016. Il en va de même pour les tortues vertes, dont l’estimation d’au moins 76 500 nids est bien supérieure à la précédente marque établie en 2017. Il existe sept espèces de tortues marines : la tortue caouanne, la tortue verte, la tortue luth, la tortue imbriquée, la tortue de Kemp, la tortue olivâtre et la tortue à dos plat. Toutes sont considérées comme en danger ou menacées. Elles viennent sur le rivage les nuits d’été, creusant des fosses dans le sable et déposant des dizaines d’œufs avant de les recouvrir et de retourner à la mer.
Les plages de Floride constituent l’une des plus importantes écloseries de caouanes au monde. Seule une tortue marine sur 1 000 se rend jusqu’à l’âge adulte. Ils sont confrontés à une myriade de menaces naturelles, notamment des prédateurs sur terre et dans l’océan, des perturbations dans les nids et l’impossibilité d’atteindre l’eau après l’éclosion. Les tortues femelles pondent généralement des œufs selon un cycle de trois ans, ce qui entraîne des hauts et des bas dans les années de nidification. Le processus de nidification est très épuisant et, lors de cette pause, les femelles retrouvent l’énergie nécessaire pour recommencer le processus. Le changement climatique a ajouté à ces défis, réduisant les plages à mesure que le niveau de la mer s’élève et provoquant des tempêtes tropicales plus puissantes. L’air, l’eau et le sable plus chauds et les changements dans les courants océaniques que les tortues utilisent pour migrer réduisent également les chances de survie, selon Oceana, un groupe international de protection de l’environnement.

