
Par Richard Johnson: On n’y échappe pas. La vie moderne est stressante. Plus que jamais disent de nombreux sociologues. Tout est plus rapide, la compétition plus difficile, des patrons qui vous tiennent en laisse avec les téléphones en surveillance permanente. Figurez-vous que vous allez vous en sortir au moment de la retraite selon une étude de l’Université de la Pennsylvanie. D’une part, le stress diminue avec l’âge, et d’autre part, les plus âgés et les retraités auraient plus de facilité à écarter le stress de leur vie quotidienne surtout en Floride durant l’hiver. C’est un peu comme dire : on en a vu d’autres. Si les jeunes doivent gérer leur carrière, les finances, la famille et les pressions sociales extrêmement toxiques, les plus âgés ont compris qu’il ne faut pas trop s’en faire, car le temps règle bien des choses. Ils songent surtout à leurs plaisirs, à leurs loisirs, et à leur temps libre. L’étude dont les résultats sont publiés dans Developmental Psychology, a débuté en 1995, et s’est étendue sur 25 ans. Au départ, les quelque 3000 participants, de toutes les tranches de la société, étaient âgés entre 25 et 74 ans.
On a vite constaté que les jeunes étaient beaucoup plus stressés, mais que le niveau de stress baissait avec les années. Les plus jeunes estiment être stressés, et très stressés, environ une journée sur deux, alors que ce pourcentage est beaucoup plus bas chez les plus âgés. Être en retard pour un meeting, un enfant malade, des paiements élevés, des engueulades au travail ou à la maison, les déplacements, les fêtes familiales, un téléphone qui n’a plus de jus, etc., rongent émotionnellement la vie des jeunes. Ils ont les nerfs à fleur de peau. Il faut bien comprendre, toutefois qu’il y a des étapes différentes dans le vieillissement. Elles ne sont pas les mêmes quand on passe de 35 à 65 ans, que lorsqu’on emprunte la route des 65 à 95 ans. A 75 ans, le niveau de stress devant une pandémie, par exemple, sera beaucoup plus élevé qu’à 35 ans. Si la santé ne suit pas, l’âge d’or va plutôt ressembler à un naufrage. Morale de l’histoire, l’âge d’or mérite son nom, mais pour un certain temps seulement.

