Un sac à dos et une vieille couverture: voilà tout ce qu’il reste à Carlos Schmidt pour dormir dans les rues de Los Angeles, où le rêve hollywoodien a été submergé par l’explosion du nombre de personnes sans-abri ces dernières années. Comme ce trentenaire, 75.500 personnes sont sans-abri dans la ville et sa banlieue, selon le dernier recensement effectué en janvier. Soit 70% de plus qu’en 2015. Sous son image glamour, Los Angeles est devenue la capitale des sans-abris aux Etats-Unis comme Vancouver au Canada. La Cité des Anges s’est imposée comme la triste vitrine d’une Californie où les inégalités se creusent inexorablement: le “Golden State” concentre un tiers des personnes sans-abri du pays. Une crise largement nourrie par le coût stratosphérique de l’immobilier californien. Le loyer médian pour un studio dépasse 1.700 dollars à Los Angeles des prix qui ressemblent un peu à ceux de Montréal et Toronto. Si rien ne change, les touristes attendus pour les Jeux Olympiques de 2028 découvriront l’autre visage de la ville du cinéma: des alignements de tentes, où s’amoncellent déchets, carcasses de vélos et chariots. La scène se reproduit dans tous les décors de Los Angeles.
Ici sous les fenêtres de la mairie, là sur les boulevards d’Hollywood, ou encore sur la plage de Venice Beach et sous les gigantesques autoroutes. Le problème a poussé la nouvelle maire, Karen Bass, à déclarer l’état d’urgence dès son élection il y a un an. Une mesure administrative qui lui a permis d’étendre ses pouvoirs et de solliciter l’aide du gouvernement fédéral. En parallèle, la maire a drastiquement réduit les procédures bureaucratiques qui ralentissent la construction des logements sociaux dont la Californie manque désespérément. Entre l’inflation qui accable les plus pauvres, et les dizaines de milliers de locataires menacés par la récente fin du moratoire sur les expulsions imposé par la ville pendant la pandémie, les autorités redoutent un afflux important de nouveaux sans-abris dans les prochains mois. Dans ce contexte, la maire avoue sa frustration face aux lenteurs du système. Elle pensait initialement fournir un logement durable aux sans-abris après trois à six mois d’hébergement d’urgence, mais prévient désormais qu’ils vont devoir patienter dans leurs hôtels pendant un an et demi à deux ans. Résultats c’est cela que ça donne de vendre une maison trois fois prix de sa valeur en 10 ans. Cela devrait est interdit pour éviter une débâcle sociale

