
Plusieurs raisons peuvent expliquer notre crainte de la vaccination. Mais, que se passerait-il si l’on arrêtait de se faire vacciner? Les explications de notre expert, le Dr Karl Weiss. La vaccination est une solution à un problème que les Canadiens ne voient pas. Comme vous ne côtoyez pas de personnes souffrant de la rougeole ou de la rubéole, à la garderie ou à l’école de quartier, vous croyez que ces maladies n’existent pas. Ce n’est pas vrai. Elles sont encore là, mais ne font pas de dommages observables. On avait presque éliminé la rougeole en Occident, mais certains individus ont remis en question la validité des vaccins à partir d’une fausse étude publiée en 1998 dans The Lancet associant la vaccination RRO (rougeole-rubéole-oreillons) à l’autisme. Cet article frauduleux a disparu depuis; impossible de le retrouver sur le site de la revue. Même l’auteur de l’étude a affirmé qu’il ne fallait pas tenir compte de ses résultats. Mais ça a fait beaucoup de dommages. Prenez la varicelle. On n’en voit pratiquement plus dans nos hôpitaux. Si demain on arrêtait la vaccination contre cette maladie, elle réapparaîtrait en un an ou deux. Il y a aussi la poliomyélite, une maladie plus inquiétante. Ça pourrait être une catastrophe si on arrêtait la vaccination. En fait, toutes ces maladies infantiles qui décimaient les jeunes au début du 20e siècle pourraient revenir. Mais nous n’en sommes pas là, heureusement. Les courants anti-vaccins sont encore marginaux.
Je crois que la grande majorité des parents participent aux campagnes de vaccination parce qu’ils estiment que c’est dans l’intérêt de leurs enfants. Il y aura toujours une partie d’entre eux qui iront dans une autre direction; ils peuvent le faire car ils sont dans un État de droit. Mais il y a des sujets où les citoyens doivent faire confiance aux institutions. Si les avions Boeing 737 MAX sont cloués au sol actuellement, c’est que les organismes d’aviation civile chargés de la sécurité considèrent que ce modèle présente des risques pour les passagers. Si des gens voulaient prendre cet avion, ils ne le pourraient pas. Ça devrait être la même chose pour les vaccins, dont l’efficacité est documentée depuis longtemps. C’est une question de point de vue. Personnellement, je serais en faveur d’une telle mesure. On interdit bien la littérature haineuse ou antisémite ! Mais on s’aventure ici dans un champ complexe dominé par la liberté d’expression et les droits individuels.
En parler le plus possible
En parler le plus possible. Informer les gens. Mieux communiquer les bienfaits de la médecine préventive. N’oublions pas que la science a permis à l’humanité de repousser certaines maladies au cours des 100 dernières années. Prenez le Québec en 1900. L’espérance de vie était de 45 ans. Un enfant sur deux mourait avant d’atteindre l’âge de 18 ans. C’étaient des maladies infectieuses qui tuaient les gens: rougeole, rubéole, varicelle, méningite, pneumonie et autres infections bactériennes. Trois choses ont véritablement amélioré l’espérance de vie au Canada depuis ce temps: les vaccins, les antibiotiques et l’amélioration de l’hygiène. Ce serait la catastrophe si on cessait de vacciner les gens et qu’en plus les antibiotiques ne venaient plus à bout des bactéries résistantes.INFO SANTÉ

