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Par Jacques Léger
Chacun sait que la langue française prend naissance en Gaule, et dans le fonds essentiel qui la constitue, celle-ci prend racine dans ce latin altéré et transformé, et qu’au cours de son histoire, différents peuples voisins l’ont enrichi d’innombrables mots, la transformant ainsi pour en faire ce que l’on appelle aujourd’hui, la « langue française». Malgré l’usure des siècles beaucoup de mots ont survécu ; des mots gaulois, bien sûr, comme «alouette, arpent, balai, bec, bouleau, briser, changer, chemin, charrue», des mots latins : « agenda, momento, omnibus, pensum, requiem, vivat », et tant d’autres locutions littéraires. Nous avons aussi conservé des mots allemands primitifs comme «balle, banc, bannière, baron, bedeau, blanc, bleu, braise, butin » etc., emprunté des mots italiens : « accaparer, affront, alarme, altier, antichambre »; des mots espagnols «camarade, canot, disparate, fanfaron, peccadille ; des mots flamands « bateau, étape, mannequin, matelot, vacarme ; des mots allemands « blocus, boulevard, chenapan, képi, vasistas, etc.. ; et même des mots arabes comme alcool, algèbre, café, gazelle et zéro, et des mots anglais comme «paquebot, rail, record, wagon, parking, stop. Rassurez-vous, on retrouve plus de mots français dans la langue anglaise que l’inverse.
Évidemment, toutes ses transformations ne se sont pas réalisées en quelque semaine, on s’entend ? Mais avec la venue d’Internet, une réalité qui exige tellement d’adaptations que nos langues modernes peinent à ne pas résister, voire même à survivre, à telle enseigne que certains en sont rendus à la création d’un dictionnaire de la langue émergente sur Internet, particulièrement la langue du « texto » ou « chate » : « mdr = mort de rire », « ktf » = quoi tu fais? « jrv »= je reviens ; « k »= d’accord ; « att » = attends ; « jtm »= je t’aime; « vrmt » = vraiment ainsi que ce mot maintenant universel « LOL » pour sourire … Nos institutions comme l’Académie françaises, et les universités sont depuis toujours les gardiens, les protecteurs de notre langue telles que nous la connaissons aujourd’hui. Mais sont-elles invulnérables ? Au Québec, nous avons notre propre dictionnaire. Notre monde change, non seulement notre monde, mais la réalité tout entière se transforme. La publicité télévisuelle l’aura vite compris, elle remplace de plus en plus les mots écrits et parlés par ces bombardements d’« images », à raison de 2 à 3 images/secondes. Les langues évoluent selon les réalités, les valeurs que nous choisissons de vivre. Sous la pression des nouvelles technologies de communications et d’une incontournable mondialisation des valeurs, le français sera-t-il transformé, pourra-t-il s’adapter aux nouvelles exigences, comme l’ultra-rapidité de la transmission des idées et de l’immédiateté de la réponse ? Déjà, dans l’usage, les subjonctifs plus-que-parfait et d’autres modes et temps sont déjà oubliés, et tant que nos gouvernements accepteront de subventionner la culture en général, nous aurons toujours des écrivains, des maisons d’édition, etc.. Les jeux sont faits, rien ne va plus. Le français et les langues indo-européennes sont-elles menacées, appelées à disparaître ? Je vous invite à partager avec nous sur ce que vous en pensez. D’ici là, procurez-vous un bon livre, étendez-vous sur la plage, détendez-vous, et puis … lisez. lettresdunord@gmail.com

